Le vice-ministre de la Santé, Nguyên Viêt Tiên, a informé que le sexe ratio à la naissance au Vietnam était actuellement de 119 garçons pour 100 filles, et que 26 des 61 provinces et villes avaient un taux compris entre 109 et 119/100. Dans le delta du fleuve Rouge, l’écart est encore plus marqué, avec un record dans la province de Hung Yên (131/100).
Le déséquilibre des sexes à la naissance est important. Photo : Duong Ngoc/VNA/CVN
Ce phénomène est imputable à un choix délibéré des parents d'avoir un garçon, avec la complicité des services sanitaires. Dans une étude intitulée «Situation du déséquilibre des sexes dans la province de Nam Dinh», Trân Trung Kiên, chef adjoint du Service de la santé de la province de Nam Dinh (Nord), souligne que 43,4% des habitants locaux veulent à tout prix un garçon. Sous la pression de son mari, de sa famille, la femme fait tout son possible pour donner la naissance à un garçon afin de continuer la lignée, quitte à avorter si le sexe du foetus n’est pas celui désiré. De plus, Nam Dinh recense trois districts littoraux où 36% des habitants gagnent leur vie par la pisciculture, l’aquaculture et la saliculture. Dans ces familles, l’homme est traditionnellement pêcheur en haute mer. Selon Luu Thi Hông, chef adjoint du Département de la santé, des femmes et des enfants (ministère de la Santé), le développement des lieux d’échographie, que l’on trouve maintenant jusque dans les localités les plus reculées, explique ce phénomène. Désormais, n’importe quel femme peut connaître facilement le sexe de l’enfant qu’elle porte, nul besoin pour elle de se rendre à l’hôpital du district ou de la province.
Les mesures de sensibilisation devront être renforcées, notamment dans les régions littorales. Photo : Duong Ngoc/VNA/CVN
Pour résoudre ce problème, le vice-Premier ministre Nguyên Thiên Nhân a demandé au ministère de la Santé d’appliquer différentes mesures. D’abord, il faut combattre les idées arriérées, selon lesquelles l’homme aurait plus de valeur que la femme, que celle-ci serait un «patrimoine perdu» car elle devra partir vivre dans une autre famille, celle de son mari. Ensuite, les localités doivent élever leur responsabilité dans ce domaine. Il est nécessaire désormais de punir sévèrement les stations médicales procédant à des avortements sélectifs. Enfin, il faut renforcer le rôle de la femme dans la société, faire en sorte que le fils ne soit plus le seul «bâton de retraite» sur lequel les parents peuvent s’appuyer lors de leurs vieux jours...
Quê Anh/CVN