Quelle sont vos estimations en matière d’expor-tation de produits agricoles au 2e semestre ? Actuellement, l’exportation de produits agricoles connaît des difficultés en raison de la baisse continue des cours mondiaux, notamment du riz, du manioc, des produits à base de coco, du caoutchouc. Ce dernier, en particulier, a vu ses cours s’effondrer de 31%. Pourtant, les affaires marchent bien avec le poivre, le café et les produits aquatiques. Selon moi, l’exportation de produits agricoles dépendra de beaucoup d’autres facteurs dont la compétitivité des entreprises exportatrices et l’assistance de l’État. Le marché des produits agricoles est gigantesque. L’important, c’est d’avoir ou non la capacité de conquérir les marchés ; et cela dépend principalement des entreprises exportatrices elles-mêmes. J’espère qu’avec les efforts de celles-ci et l’assistance de l’État, le secteur de l’exportation des produits agricoles connaîtra d’ici la fin de l’année une croissance continuelle. En 2011, la valeur d’exportation des produits agricoles a atteint 25 milliards de dollars, soit le quart des exportations du pays. Au 1er semestre de cette année, le secteur a réalisé une croissance de 14%. Si ce rythme se maintient durant le reste de l’année, un chiffre d’affaires annuel d’exportation de 27 milliards de dollars est réaliste. Pour le secteur d’exportation, quelles sont les plus grandes difficultés, selon vous ? La plus grande difficulté réside dans le rétrécissement continuel des débouchés. À présent, l’aquaculture vietnamienne se développe et a enregistré des progrès tant en valeur de production que de chiffre d’affaires d’exportation. Pourtant, que faire si les produits n’ont pas de débouchés à l’étranger ? Les épizooties constituent également un souci. Après la fièvre aphteuse (chez les bœufs et cochons) et la grippe aviaire, une épizootie touche les élevages de crevettes. Sans oublier la tendance à la baisse des cours de certains produits agricoles tels que riz, coco, manioc, caoutchouc, poisson tra (pangasius)…
Quelles solutions le ministère de l’Agriculture et du Développement rural (MADR) compte-t-il prendre pour faire face à ces difficultés ? En collaboration avec d’autres branches d’activités et des localités, le MADR envisage de régler en premier lieu la question de l’écoulement des produits agricoles. Certains produits, dont notamment ceux à base de coco, pourront bénéficier d’une réduction ou d’une exemption de taxe d’exportation. Prochainement, des réunions seront tenues avec des localités afin d’avancer des mesures concrètes. Viendra ensuite le travail de maîtrise des épizooties, pour lequel nous ferons appel à des scientifiques vietnamiens et étrangers. Concernant le prix des produits, la tâche est de suivre de près l’évolution des cours, d’en informer les paysans et de les aider dans la restructuration de la production en conformité avec la demande du marché. L’important, c’est de leur permettre de choisir de leur propre initiative des plantes et des animaux susceptibles d’être bien écoulés sur le marché. D’autre part, nous cherchons à assister les paysans dans l’application des progrès scientifiques, ce qui leur permettra de réduire les coûts de revient. Par ailleurs, pour compenser les pertes dues à la baisse des cours, le MADR préconise de promouvoir l’élargissement des marchés étrangers et d’augmenter la quantité des exportations. L’objectif d’exportation de riz cette année est moins ambitieux qu’en 2011. Comment le MADR prévoit-il de stabiliser le cours sur le marché national ? La seule chose souhaitable, c’est que les récoltes soient abondantes et que le riz rapporte beaucoup aux paysans. En collaboration avec les organes compétents et l’Association des vivres du Vietnam, le MADR cherche à favoriser l’écoulement du riz. D’autre part, nous suivons de près l’évolution des cours afin de pouvoir rajuster les récoltes tant en envergure de production qu’en variété de riz. Il faut réaffirmer qu’il n’y a pas de quota d’exportation de riz. Au contraire, nous souhaitons qu’il s’en exporte le plus possible, au bénéfice des paysans et d’une stabilisation des cours.
Nghia Dàn/CVN