15/01/2012 12:31
La gastronomie est toujours rattachée au tourisme. Plusieurs touristes étrangers souhaitent non seulement déguster des spécialités régionales du Vietnam, mais encore découvrir les secrets de préparation de ces plats.


Au dessous de la route Nguyên Khoai qui chevauche la digue du fleuve Rouge, à la croisée des chemins de l’arrondissement de Hoàng Mai, à Hanoi, se trouve une bâtisse ancienne. Située à seulement dix kilomètres de l’ancien quartier de la capitale, cet endroit offre aux visiteurs l’ambiance typique qui règne dans les villages. D’une superficie de 2.000 m2 avec verger d’orangers, de pamplemoussiers et étang poissonneux, ce cadre séduit les touristes dès leur arrivée en ces lieux.

Bùi Bich Quyên (gauche) prodigue ses précieux à des touristes français dans la préparation du nem.  Photo : Nhât Tân/CVN                                                  


Ici, l’on y enseigne les préceptes de la cuisine vietnamienne à des touristes étrangers, notamment aux Français, majoritairement représentés. En effet, l’animatrice de ce cours est une guide touristique francophone.


Ouvert depuis octobre dernier seulement, le circuit touristique «Apprendre à cuisiner chez l’habitant» a tout de suite attiré des tour-opérateurs.


«J’ai reçu pas mal de commandes de la part des voyagistes. Car les touristes aiment cet endroit. Outre la découverte de la cuisine vietnamienne, ils sont plongés dans un cadre séduisant et paisible», souligne Bùi Bich Quyên, l’animatrice.


Quyên enseigne à ses touristes étrangers l’art et la manière de préparer des spécialités des trois régions du Vietnam : le bun bo Huê ou bun bo Nam bô (vermicelles au boeuf préparées à la façon de Huê ou du Sud), le bun cha (vermicelles au porc grillé) ou encore le nem ran (nem frit), spécialités du Nord cette fois.


Licenciée en français, animatrice du cours de cuisine


«La plupart des touristes me demandent de leur montrer la recette du +nem+ car cette spécia-lité est déli­cieuse et connue dans le monde entier», confie Bùi Bich Quyên.

Avec des ingrédients tous frais, Quyên guide soigneusement ses «élèves» dans la préparation du nem.


«Quand on s’approche à la table avec toute cette variété de produits, de couleurs, de senteurs, ça parait très compliqué. En fait, ce sont des produits très frais du jardin. On s’aperçoit que c’est un peu compliqué, mais c’est possible !», raconte Georges Bresson, un touriste français.


Lors de ce cours de cuisine, la propriétaire des lieux, Mme My, âgée de 75 ans, est aux aguets, prête à transmettre aux stagiaires les secrets du banh cuôn Thanh Tri (ravioli), une spécialité de son village.


«Notre famille a la tradition de faire du +banh cuôn+ depuis l’époque coloniale. Je veux le présenter aux touristes étrangers comme une spécialité de ma famille, mais aussi de notre village transmise de père en fils», ajoute Mme My.


Diplômée du département du français de l’Université de Hanoi en 2002, Bùi Bich Quyên a débuté sa carrière en tant que guide touristique pour un voagiste. En contact rapproché avec des voyageurs étrangers, Quyên remarque que la majorité d’entre eux désirent ardemment découvrir la gastronomie vietnamienne. L’enseignement de la cuisine aux tou-ristes étrangers ne date pas d’hier, plusieurs hôtels proposant diverses formules. En revanche, rien de tel n’existe alors chez l’habitant. Quyên saisit donc rapidement la balle au bond.


«Tous les touristes étrangers apprécient la cuisine vietnamienne. Je me suis donc demandée pourquoi personne n’avait songé à ouvrir un cours chez l’habitant...», s’amuse-t-elle. «Heureusement, la résidence de ma tante répond aux critères pour ouvrir une classe de cuisine. J’ai décidé de l’ouvrir en octobre dernier».


Son sérieux ne laissant pas insensible les premiers apprenants, le bouche-à-oreille fonctionne rapidement. De plus en plus des voyagistes font des réservations. Les Hanoiens eux-mêmes s’y rendent, simplement pour admirer le cadre et se ressourcer avec une délicieuse assiette de banh cuôn préparée par les soins de Mme My.


«La culture gastronomique rappro­che des personnes pourtant vivant à des milliers de kilomètres de distance, brisant même la barrière de la langue. En profitant des délices de la campagne, ils enrichissent un peu plus l’amour qu’ils portent au pays et à l’homme vietnamien», confie Quyên.      

HUONG GIANG/CVN

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